Archive for décembre, 2010

Concerts de Noël à Paris

Mercredi, décembre 22nd, 2010

Rendez-vous pour célébrer l’hiver, la neige et les fêtes de fin d’année, à nos deux p’tits concerts en trio resserré, pour mieux se réchauffer :

Mercredi 22 décembre 20h à Goutte de Terre, 46 rue Godefroy Cavaignac, M° Voltaire


Lundi 27 décembre 19h30
au Connétable, 55 rue des Archives, M° Rambuteau

Arnold en Belgique 4/*

Lundi, décembre 6th, 2010

Episode quatre des chroniques d’Arnold au plat pays, propos tenus par notre journaliste inconnu sur le concert au Bateau Ivre suivi de l’after bruxelloise…Les membres du groupe déclinent toutes responsabilités envers les faits ci-dessous relatés…

21h34

Manu, qui a organisé cette micro-tournée pour Arnold installe une caisse de fortune face à l’entrée. Professionnelle ! CD, flyers en tas dispersés, volontairement  déstructurés, on est pas dans un rayonnage de supermarché. Indication tarifaire, la PAF sera de 4€, PAF c’est pour participation aux frais, en fait c’est pour payer les musiciens sauf que ça sonne associatif, participatif, chacun y va de sa petite pièce … Enfin chacun … Encore faut-il que ce chacun, entrant dans le bar, malgré le placement stratégique de Manu, frontale à la porte, voit son regard capturé lui qui, quidam égaré, venait boire sa Jup (Jup pour Jupiler), rejoindre des potes, voir le groupe d’après, écouter un groupe gratos mais en tout cas assurément pas écouter Arnold à 4 € la PAF, même si ça sonne communiste … Manu lutte, ils semblent coûter ces 4 €, en tout cas bien plus que lorsqu’on les boit !

Troupeau dans l’escalier, ils se sont enfin changés, concert peut commencer.


Ellipse


23h01

Après ce que j’avais vu la veille, je n’imaginais pas vraiment récupérer un chanteur torse nu, suant les bières que les barmans lui avaient  offertes tout au long du concert et me gratifiant d’une accolade franche, virile soit mais serpillère … J’imagine que c’est une façon de me faire entrer dans la meute. En tout cas ma chemise ressemble au Saint Suaire et le christ y a des airs de Bernard Lavilliers. Direction le bar pour terminer les tickets conso des musiciens, la scène a été vidée en 5 minutes chrono, un DJ avec danseur, les “Doubitchou” doivent prendre la place, le nom me laisse circonspect.

23h22

Alors que le DJ commence à lancer du Yeddish de dancefloor et que deux danseurs s’essayent, en costume de fête manouche, à quelques pas de danses “authentiques” mais scolaires, je capte quelques bribes de discussion au bar entre Félix le batteur et un des barmans, il y est question de carrure de catcheur, de musculation, de patrimoine génétique. Il semble que son numéro de fin de concert tout d’un marcel vêtu ait impressionné par sa carrure notre hôte, regards amusés des autres musiciens, pour une fois qu’il se trouvait une groupie… L’ambiance s’échauffe, monte d’un cran, j’apprends que la soirée commence juste, nous sommes attendus à une soirée d’anniversaire à Bruxelles. La colocatrice d’Hadrien, le bruxellois, qui tient la chambre d’hôte dans leur immense barraque bruxelloise fête ses 30 ans avec toutes ses ami(E)s “horeba” et ce simple mot semble électriser l’ambiance ! J’apprends que “horeba” est la contraction de “hôtel restaurant bar” et les “horeba” sont donc une fantasmée troupe de jeunes femmes dans la fleur de l’âge officiant dans les milieux de la nuit bruxelloise à des postes stratégiques et exposés tels le service en salle ou la tenue d’un bar.

On ne se désarticulera pas au son du Klezmer, le groupe a envie de rock’n roll mais plus vraiment sur la scène !

Retour éclair sur Bruxelles, on vide le C15 chez Hadrien et on repart vers le centre de Bruxelles. Petites crasses entre amis, décision de ne pas attendre la deuxième voiture, histoire de ne pas débarquer en meute, d’avoir le temps d’évaluer le troupeau, de se réserver les positions stratégiques. On réussit à se garer, première fois que je vois quelqu’un sortir le GPS de la voiture pour se faire dicter “à 100 mètres tournez à gauche” à pied, la scène est surréaliste, d’autant qu’évidemment le GPS ne nous autorise pas les sens interdits !

1h04

Arrivée dans un bar privatisé, grande salle restaurant vide, tout se joue au sous-sol, cave voutée, murs blancs, 2m20 de plafond maximum, moquette grise ignifugée, DJ efficace, coin salon, soirée déjà bien entamée, bienvenu au royaume des “horeba”.


1h07

Tout part très vite, tourbillon provoqué, rafale d’alcools forts, mémoire morcelée, fragments rapportés, mitraillette de flashs…

1h08 – 7h47

Danser comme des singes, cramer le cachet du concert, cul sec, oblique, courbes empilées, groupie lockée, jérémie catapulté, une légende de quartier, t’es riche ?, évidemment, t’as pas de voiture, j’suis généreux, exfiltrée, regards vitreux, une faim de loup, cœur de loup, putain de eye contact, ça fuit, ça bute, encore trop de mecs, dancefloor testostéronné, moiteurs, une épaule dénudée, premiers fluides échangés, haleter, rires rauques, réflexes altérés, mojito enchainés, plus vraiment de dignité mais esprit de corps, de régiment, soutien viril et le DJ se muscle, ça viendrait presque à pogoter ! 17 ans, par terre, breakdance d’escroc, Zanghourou est mort, vive Jean Guy, “Killing in the name of”, tout expulser, les gars ne voient plus d’horeba, à trop les chercher, ils se sont retrouvés, dans l’ébriété c’est là qu’ils s’entendent, bourrés de talent. Merde plus de musique, regards hébétés, prendre la porte, le froid, groupe explose, trop compliqué de coordonner 10 personnes, errances bruxelloises, grand place, crier, vautrés, flics, s’excuser, rigoler un peu aussi, c’est pas la France, dernier fatigués semés, trouver un bar, vraiment trop tard, déambuler encore et encore, évidemment sans frémir, entrer, service terminé, aller pisser, parler toutes les langues de la terre, ne croiser que des amis de toujours, épicerie de nuit, bières à emporter, continuer à marcher, appartement, vautrés, chanson française, discussions apaisées, voix cassée, rideau.

Arnold en Belgique 3/*

Mercredi, décembre 1st, 2010

Troisième épisode des aventures d’Arnold chez les wallons, par notre mystérieux journaliste…

Samedi 27

Réveil. Pendant mon sommeil m’ont rejoint dans la chambre deux imbibés du groupe. Certains perdent de leur superbe dans le secret de leur sommeil, en dire plus serait déloyal. Nous nous retrouvons dans le salon, ça émerge sur le canapé pris dans des sarcophages duveteux. Commence alors une valse autour de la Nespresso, ce totem moderne provoque un drôle de rituel. Une équipe se motive pour aller chercher des viennoiseries, je prends un double aspirine. Retour des aventuriers matinaux (il est 12h30…), leur paresse fut leur testament, entrés dans la boulangerie la plus proche, celle qui voulait avoir l’air mais qui n’avait pas l’air du tout, ils nous ramènent une collection de croissants et de pains au chocolat jaune autobronzant, la margarine est un crime pâtissier.

Les musiciens errent incertains dans ce salon qui rétrécit à mesure que les dernières nausées alcooliques s’évaporent, les instruments s’activent pour repousser les murs, on reprend les idées de la veille au soir mais maintenant on structure, on enrichit, on corrige, on ajuste, on stabilise. Je me fais expliquer que la nuit est bonne pour les fulgurances et les matins pour arranger tout cela, Mediterraneo reste à toute heure une belle reprise.

Rassérénés, c’est à l’estomac de se réveiller, après une dernière heure à travailler la chanson “Misogyne”, tout le monde se désole de ne pas pouvoir se caler les santiags sous la table et de déguster un bœuf carotte réalisé par madame. Direction l’Union, bar-restaurant de la place Saint Gilles, repère d’Hadrien le guitariste, l’ambiance y est décontractée, jeune, populo aussi et pourtant sans ostentation, sans snobisme de classe ni fierté de l’entre soit. Autant dire qu’un lieu pareil ne pourrait exister à Paris. Leurs grandes lasagnes sont une parfaite synthèse entre cuisine familiale et junk food régressive, ça trempe dans la crème, c’est sucré, homogène de goût et texture, à la fois écœurant et addictif**.

Deux musiciens sont posés à côté de notre table, trombone et guitare, ça joue bop et ça enchaîne les standards, Jérémie observe d’un air entendu, il suit la partition, tapant du pied, il fronce les sourcils aussi parfois, le jazz c’est autre chose. J’apprends qu’Hadrien lui aussi bosse le jazz en plus du manouche, ça parle accords, diminués, augmentés, le guitariste tartine technique. Hadrien sature, ça le déprime, on s’éclipse, heure de rentrer, bientôt départ pour Mons.

Coup de fil un peu plus tard, j’entends XLR, Jack, retour, console, direct, SM58 et rhum. Félix raccroche. Il a sourire d’un gamin qui vient de voir le père Noël, regard interrogatif des autres membres du groupe : “Il m’a demandé c’était quoi notre alcool préféré !”. Je reste interloqué, les autres aussi sont extatiques. Pour un musicien, le bonheur c’est simple comme un patron de bar attentionné …

Temps de partir, côté transport, ils prennent vite des habitudes, chacun sa place et moi en copilote officiel du C15, je constate que le chauffage y fonctionne mais jusqu’au bassin, en dessous règne la banquise, j’ai une heure pour faire ce constat, c’est dire s’il est circonstancié ! Arrivée à Mons, direction grand place, on s’embarque dans une zone piétonne, le “Bateau Ivre” nous attend dans une petite rue qui donne sur la place. Une fête foraine comme on en voit plus occupe cette dernière, le décor fait carton pâte, les éclairages sont tout droit sortis de Cineccitta et les badauds de chez Fellini, bien envie d’aller m’y frotter, pas de chance il faut vider le C15, ils ont dû oublier pour quoi j’étais là, je porte de plus en plus d’ampli…

Pour le lieu, changement complet d’ambiance, le “Bateau Ivre” est un beau café concert qui sent les fonds de fût et les soirées explosives. La scène de bonne taille, légèrement surélevée est armée de deux enceintes qui crachent un son massif. La balance montre une autre facette du groupe, ils ont prévu de mettre ce soir l’énergie qu’ils ont toute canalisée hier soir. Pour le son c’est ok, catering éclair à l’étage, Hadrien fait son infarctus-rupture d’anévrisme-malaise habituel d’avant concert, il parait que c’est sa façon à lui de se concentrer, tout le monde descend… Un dernier ingrédient pour que la préparation soit parfaite : une clope au comptoir, ils sont sur une volute.

** Texte censuré